Que faire de soi?
Comme je me pose la question, et comme cette question est douloureuse, difficile; chaque pensée me lacère, et toutes les éventualités ne sont qu'alcool sur plaie à vif.
Si tu savais comme tout cela me dévore, j'essaie bien de me défendre, d'y mettre un frein; mais cela revient à vouloir arrêter la trajectoire d'une balle déjà tirée.
Que faire de soi, que faire de toi, que faire de moi, de ce moi avec l'idée de toi, l'idée qui tient en l'espace d'une minute, d'un hasard de couloirs, d'une rencontre attardée, de deux jours, d'une vie en soi/entière qui tente lourdement de s'imposer pour disparaître en volute de fumée à mesure que le temps assèche fatalement ce qui est, a été, cherche à être toujours, permanent;
Si je savais, hélas! si je savais, sans doute ne serais-je pas là, sans doute aurais-je fui, faute de mieux, mais la fuite ne me dit plus, la dichotomie de l'être et néant / du couple et de la solitude ne se pose même plus, alors quoi, alors rien?, non, malheureusement cela ne se solutionne pas, je veux échanger avec toi mais l'émotion me perturbe pour me déraisonner, tu le sais bien, tu sais comme je me fatigue, tu sais mieux que personne mes envies de rupture, alors quoi, que faire de soi, que faire ce soir, une fois encore je ne sais pas et je ne suis même plus sûre de vouloir encore me poser la question.
Faut-il chercher la facilité, ou creuser le gouffre pour en faire un terrier protecteur, accueillant et isolé de toute problématique, et ce, quel que soit le temps que prendra l'entreprise? En quoi tient donc la quête, cherche-t-on la plaine par le détour, ou préfère-t-on se casser les os sur quelque rocher abrupte pour arriver au sommet, et poser à la cime d'un monde sa carcasse épuisée?

J'ai tant parlé, tant crié, tant voulu que mes registres sont épuisés
(et je ne saurais qu'écrire que tu ne saurais déjà)
alors je te laisse là
à tes pensées qui [me] parlent de tout
[mais j'espère pas de ça]
et je te quitte maintenant
que tu sais tout de moi