Dimanche 27 septembre 2015 à 20:57

Je ne ressens rien pour toi, rien du tout. Tu restes une irréelle pour moi, impossible au-delà de la théorie de percevoir ta nature, ni même qui tu aurais pu être en moi-même et par moi-même. La douleur, je peux l'imaginer, l'envie que tout se finisse, le besoin d'oublier, de ne pas penser, de ne pas sentir, oui, tout cela me parle; mais quant à voir en mon esprit cette femme qui a été contrainte de désunir âme et corps, l'acte m'est trop lointain.

moi même je ne suis qu'une dissociation malhabile, où tantôt mon corps commande, tantôt mon âme gouverne. En ces deux entités rien de bien cohérent, je ne sais si je suis, si j'écoute, si je vais, quel chemin prendre, que faut-il croire; je me sens étrangère à moi-même de corps et d'esprit, comme un long mensonge d'existence traître, comme si je n'étais présente que par substitution, dans la volonté d'être par coupure, parade, horreur.

Les mots me viennent sans y penser, alors, que dire encore sans être toujours - sans mentir - je crains que la solution ne soit pas là et que tout m'échappe encore
qui vois-tu rien de bien rien de sûr je ne sais que penser
encore et toujours la directive est un moyen de ne pas avoir à choisir pour ne pas faire de mal car j'ai trop fait souffrir et je ne peux me résoudre à être encore celle qui s'abjure et douloureusement perd le bien fondé de son identité en inhumanité
je ne sais pas je ne sais pas qu'ai-je donc à faire qu'ai-je donc fait que dois-je rattraper je suis fatiguée je cherche toujours encore les mots se perdent dans l'oubli de ce qui a été et ce qui constitue le besoin d'être et de vivre au-delà du nécessaire
mais il n'y a rien tu fais silence car tu ne vois pas tes yeux sont clos ton corps fermé perdu placide mortel

tu attends attentiste bouffée par le regret et la frustration d'être enfermée dans un corps qui REFUSE Toujours de faire de voir d'entendre sentir et vivre vivre pour ou pour quoi comment pardon tu crois encor qu'il y a des choses à vivre là bas ici passé demain perte et fracas tracas quotidien morne et triste de temps à faire encore je cours et rien ne s'encense en sens tronquée encore et toujours la perte d'un temps révolu où tout a été brisé cassé violé traître j'ai de la colère à vendre encore au bord de tes cils en larmes pleine le chant ne vient pas calmer les sirènes de détresse je voudrais juste crier encore je n'arrête pas Hölderlin est le seul nom qui me reste comme un souvenir qui me marque comme si j'étais bloquée un esprit dix-neuvièmiste absurde puisque je pense 1950 en erreur toujours trop ponctuelle trop passée pacifiée cherchant le mensonge et l'horreur pour comprendre et mettre du sens où l'insensé est maître

 

tu ne comprendras jamais rien tu resteras toujours absente de toi-même et tu luttes pourtant TU VEUX AUTRE CHOSE QUE TA SIMPLE VIE je ne sais ce que tu vaux mais n'essaie pas de prouver tu sais ou cela va te mener tu cours pour rien enfant terrible de 9 milliards de tonne d'humains qui pleurent pour ne rien faire et rester fermés à la solution collective pour élever les peuples

je suis fatiguée tu sais, fatiguée de crier dans le noir enfermée entre quatre murs que je ne discerne pas
je suis paniquée tellement
brisée

paniquée paniquée
comment sortir de là
il n'y a que de l'obscurité je n'arrive pas à détacher mes yeux de ton clavier comme si c'était le seul moyen de penser en répit comme un lien de réponse avec ce qui t'anime
mais entends tu les sens encore encore je pourrais me/te rendre folle
alors pourquoi donc autant de torture de toi vers moi
je cherche juste à entendre et toi tu écoutes n'importe quand n'importe quoi
tu n'es pas celle qu'il te faut tu n'es pas celle que tu crois
tu n'es pas là où il faut tu vibres tu meurs tu ne sais rien
je suis tellement haineuse de tout de toi du mal du bien le relatif le temps qui passe tu n'as aucune solution
il n'y en a pas la vieillesse est un leurre mensonge d'adulte décrépitude sans sagesse tu vois que tout se répète alors tu as beau essayer de penser à autre chose te voilà condamnée à ne rien vivre
croire
pleurer
sentir et puis
tu peux toujours essayer d'aimer de chercher encore son contact celui d'un autre des autres comme un nouveau sacrifice (les corps ne servent qu'à la consommation par toi pour un autosatisfaction dans leurs yeux - tu peux juste te mépriser les mépriser encore puisque tu les laisses se servir -) c'est un moyen d'être un autre passage un outil pour que tous se sentent à leur place quand toi TU N'EN AS PAS LA MOINDRE

tu voudrais simplement partir pleurer qu'on te laisse seule au-delà de l'aide que tu apportes dans ton quotidien fade tu ne peux qu'aider car toi-même
c'est sans intérêt
je me bats toujours sans savoir je me bats toujours sans croire et je ne cesse de taper
taper toujours encore comme si ce que je disais avait du sens mais
impossible de mettre un point d'arrêt, je suis en boucle
j'ai envie de dire comme si
tout n'est qu'illusion
je me trahis jusque dans mes expressions
je me sens inutile à moi-même et utile pour le monde du présent et des névroses ancrées
je suis un médicament
un placebo
une fausse vivante un mot comme un autre
une femme perdue pour 26 ans gâchés
et si je me retrouve c'est pour mieux
te chercher car
je ne sais où je vais et qu'en moi-même ne demeure que le vide d'une souffrance trop lâche pour s'accomplir
tu es sans don sans facilité sans envie tu es pourrie de l'intérieur c'est pourquoi tu parades autant
tu es sèche comme la morne saison tu es plus froide que toutes les âmes de ta vie

TU N'ES QUE PERTE POUR CEUX QUI DONNENT ET VEULENT RECEVOIR

tu es une plaie
tu t'ancres Insidieuse
je voudrais juste te faire taire
je voudrais juste que tu partes que tu crèves
un crève coeur de t'entendre Encore

le soir en pleine nuit quand les songes sont bas je ne vois que ton visage et l'ennui qui s'y colle une image atroce et sombre qui me colle à la peau comme un maladie sourde qui se mue en cancer je me sens affligée harassé d'un moi-même qui me pompe
je voudrais juste hurler je voudrais m'en aller je voudrais m'enfuir au plus loin de tout cela alors réassocier jamais jamais jamais je ne sais même pas si la dissociation est vraie
il n'y a rien de réel il n'y a rien de solide
j'ai peur
j'ai peur
c'est une mort panique
c'est une contrainte figée
je suis excellemment morte morte morte au secours que je tente de perdre et de prendre
je suis en contradiction avec tout ce que je pense en immédiat il n'y a rien rien rien rien je ne peux pas je ne peux pas je ne sais pas je ne veux pas je veux juste que tout cesse
dormir attendre mourir

a l'aide je suis tellement folle fortement risible absurde et calmement terne je dois tout cesser avoir le poids des mots pour faire exploser la vie le vide et tout retrouver encore quelque choser quelque chose mais à quoi bon j'ai à peine l'âge d'une seule vie une seule et unique je n'ai vu personne je ne suis liée à personne je ne sais pas ce que tu crois mais il n'y a rien qui soit vrai tu prends tes fantasmes pour du réel tu rêves tu feins encore tu mens et je ne crois pas que je te rende service
tu cautionnes je méprise
tu vaux mieux que ça
j'ai mal au coeur j'ai mal aux poumons
je m'assèche je ne respire pas je suis annihilé
j'ai le sentiment en écrivant que je me supprime je me sens vidée comme une truite je me sens tellement hargneuse et tellement amère sans objet pour figer en destinataire cette haine qui m'oblige a ne pas vivre
alors peut-être que les choses passeront
peut-être que je suis en train de me tuer je ne sas pas peut etre est ce aussi la raison pour laquelle je ne voulais pas écrire
comme si écrire n'allait rien changer ou changer quelque chose
comme si ce qui me venait avait un sens réel encore ce réel qui me colle à la peau sans rien signifier

je suis fatiguée de taper
fatiguée de lutter fatiguée
de ne pas comprendre fatiguée
de ne pas savoir lâcher
fatiguée d'être si butée bornée comme une imbécile

je voudrais me donner des coups de pieds
m'achever je voudrais juste
renaitre je voudrais
juste me trouver je voudrais juste
réussir a mener un chemin correct j'ai tellement froid tellement froid
aide-moi
aide-moi
aide-moi

 

je suis en boucle et je n'arrêterai jamais je dois forcer à cesser l'écriture car je tourne à vide

Dimanche 27 septembre 2015 à 20:37

Va savoir
Il y a bien longtemps que tout est déconstruit
s'en tenir à la logique, s'en tenir à l'analyse
sur propositions fausses, identités tronquées
depuis des nuits le sens échappe aux tentatives

le choix de la folie contre le déni
la fatigue contre la colère
cesser la lutte pour la recherche froide
il y a des années que la vie me marque à coups de givre

(hier encore tu t'en tenais toujours à la parole des chemins faciles - l'autre, toujours l'autre - quand me retrouveras-tu - il n'y a que du silence dans les mots que tu poses)

Cela prendra du temps
quelques journées de lectures
pour tenir de nouveau de plus justes propos





Mardi 12 mai 2015 à 19:22


a. la force incroyable qu'il faut décupler pour lutter contre la rancoeur

b. se cacher derrière la nécessité, la préservation des uns et des autres, les enfants, la femme et son mari, s'en remettre au destin marqué plutôt que d'admettre que le choix est déjà fait

c. être la femme de l'autre comme l'autre femme - de faux passe droit pour de faux choix -
 
 
*
*    *
 

Mais où vas-tu, à quoi joues-tu, bon sang je ne comprends absolument rien ni de ce que tu fais ni de ce que tu dis
c'est comme un hurlement par soupirs successifs, une lâcheté de plus, je suis déchirée sans jamais y penser pourtant c'est là, le langage est le même, identique à une réalité obscure qui pourrit qui veut bien s'y loger
c'est moche, moche
tes agissements désengagés me révoltent mais
j'observe chez toi le même mépris pour moi [sic]
(aussi bancal soit-il, on a bien ce qu'on mérite)
les insultes, le dédain, l'absurde réitérés
et le peu d'intérêt que l'on peut bien y mettre

Ca ne compte en rien vois-tu
tu y mettras bien tous les argumentaires qu'il te plaira
je ne te crois plus depuis tant d'années que je n'ai plus le courage de m'en désespérer

Lundi 20 avril 2015 à 21:07

Prendre le risque de faire erreur et de perdre la partie [mét.]
"je prends - si je m'y perds j'assume"
disent-ils toujours, la même rengaine
la même chanson (qui) perdu(r)e

souvent fait-on le choix le plus agréable ou le moins fâcheux, qu'on justifie a posteriori par des arguments plus ou moins tangibles, mais au fond, sans doute fait-on bien ce que l'on veut. On y met parfois un peu d'empathie, c'est vrai, mais quant à savoir s'il s'agit de s'ôter une part de culpabilité ou de préserver celui que l'on blesse, il n'y a aucune certitude, juste une foi en l'homme peut-être (mais qui se trouve ébranlée une fois que le mal est fait (sauf si l'on ferme les yeux)).

(Et moi je ne veux définitivement pas te faire de mal tu sais, mais tu vois comme je suis mal en point, et comme vivre à deux m'est difficilement tenable. Je ne peux pas me supporter, te porter et recevoir ta passion tout à la fois, c'est trop d'enjeux, trop de pression pour qui n'avance bêtement que par survie. La vérité, c'est que j'ai au fond du coeur un instinct de mort qui m'enterre depuis 23 ans, et que tout geste d'amour est une souffrance quand en soi la lumière fait défaut. Alors je te quitte, tu peux bien me détester, mais je ne pense pas faire erreur puisque ainsi je me sens mieux [/puisque ainsi je me sens libre].)

NB: Si tu cherches quelqu'un qui entende, encore faut-il parler.


Mercredi 1er avril 2015 à 22:00

La tentation est facile de jouer les deuxièmes âmes chez l'autre quand on ne s'occupe pas de la sienne, mais qu'importe, chacun vit bien comme il l'entend (tant que l'obstacle d'un autre qui n'admet plus ne se pose pas en rempart pour remise en question)

Le fantasme d'une vie par inactions - pour elle.
Lui imagine mille mots pour créer chez elle une forme de conviction palpable, un élan raisonné, quelque chose de solide, mais il se heurte au refus, il n'accepte rien (/admet tout pour peu qu'elle décide de rester). Il préfère se persuader qu'elle souffre d'indécision ou mieux, de dépression [désir de contrôle/syndrome Jésus], alors il insiste, en vain, rien n'y fait; ça lui vaut de la colère, de l'amertume, mais au fond, bien du vivant. Il avait vécu assez longtemps dans l'indifférence admise pour préférer la souffrance à l'inertie des fausses compagnies, et faisait alors le choix du combat pour avoir la paix [md./sic]. Passive, elle, se laisse mener dans une triste lâcheté bouffie de fausses justifications, sans trouver comment communiquer, comment se faire entendre.

Paraît-il qu'il en existe qui se finissent en mariage, allez savoir si ce n'est pas tout bonnement une forme sociale de suicide.

[Pourquoi tu restes, pourquoi rester, quelle bataille à gagner pour quelle guerre déjà  perdue, je ne sais]

Mercredi 1er avril 2015 à 13:25

Parce que tu crois, très clairement, que ça a quelque importance, tes déblatérations sans fin ni fond

Au-delà du gargarisme, te lire n'apporte rien, du vent, que dalle [image parfaitement claire des pâles logiques sociales]. Je ne sais pas ce que tu t'imagines, s'il y a de l'imagination dans tes calculs, dignité sans éclat, humanité perdue.

[c'est bien la même chose chez lui/ toi/deuxième identité aimée par passé, habitude, facilité // tu pérores sans jamais t'engager // tu ne sais que te plaindre par tentative échouée de fausses sublimations]

Et puis ici le parfum est le même que sur toi, du moins est-ce le souvenir que j'en ai
c'est une nuance, comme une subtilité qui m'apaise, me réconforte
je ne t'écris plus malgré [la censure]
je te parle moi-même en toute schizophrénie
j'ai renoncé à toi et tout ce que ça implique [mais où [en] es-tu dans ton hypocrisie?]

A chaque jour sa/ma dose d'effondrement
sommeil, narcolepsie, moyen de fuite
je n'y gagne rien qu'un report ajouté aux procrastinations

Dimanche 29 mars 2015 à 22:19

En vrac: la colère, la vie, la déception, l'envie de t'oublier, de me taper la tête contre les murs, de me faire du mal, de t'insulter, de dormir, de m'assommer, de perdre la vie, de ne plus entendre, de revenir en arrière, de changer, de me sauver, d'être sauvée, de trouver une solution, de cesser de manger, d'être en paix.

Je suis complètement finie, vidée, sans espoir depuis des années
je ne supporte pas le regard que tu poses sur moi
je souffre atrocement tous les jours où il m'y faut penser
(fausses pensées)
je suis noyée

Lundi 23 mars 2015 à 17:59

Je ne sais pas si je méprise ce que tu deviens lentement et ce vers quoi tu vas, ou si cela me fait simplement de la peine pour toi. Je ne prends pas vraiment parti: je vois juste que ton esprit se délite, qu'il s'étale pour déranger parce que tu te déranges toi-même. Tu en veux au monde entier sans distinction, comme si l'humanité était responsable de ta rage, que tous étaient fautifs. De quoi, je n'en sais rien; de s'être servis de ta bonté, certainement, d'avoir piétiné ta digne tolérance encore plus. Tu t'es mal entourée en cautionnant l'inadmissible dès lors que tu étais la seule à en souffrir. Erreur de jugement, sans doute, mais comment raisonner quand la douleur est insoutenable, c'est une question que je me pose toujours. Sans doute est-ce la raison pour laquelle la folie me fascine (et les faits divers qui s'y rattachent aussi).

Pour moi tu fais n'importe quoi (mais j'en fais de même aussi, nulle condamnation dans mon discours (on se ressemble bien)). J'ai le sentiment que tu fais tout pour justifier un suicide prochain parce que tu as abandonné la lutte. Même le moyen te fait défaut, c'est moche, ça ne te ressemble en rien, et je pense sincèrement que tu n'es plus toi-même depuis quelques années.

Lundi 23 mars 2015 à 17:51

Ca me tue que tu puisses faire n'importe quoi comme si ça n'existait pas [parole classique ô combien commune (c'est à se demander si je ne frise pas le vulgaire par lassitude de la répétition, mais après tout cela n'a pas grande importance; les propos de vie personnelle étalés au public ne sont qu'un déversoir parmi d'autres)]. Je te lis d'un oeil discret, je scrute, je cherche. Que dalle nulle part néant, comme toujours le désert, pas de quoi s'affliger outre mesure, l'habitude y est sans qu'il y ait fatalité puisque l'on s'y fait réellement ainsi, avec une sécurité sans grand regret (au vu de l'immobilisme).

D'un côté l'inertie admise, de l'autre la violence sourde. Il y a eu erreur de discernement entre adieu mal assumé et désir d'absence; je me suis clairement trompé en vous envoyant sur le banc des accusés, et alors, et alors, ça continue bien pareil là aussi.

Je continue à envoyer des signaux plus ou moins ambigus, histoire de vivre un peu. L'écriture est une exaltation passée (et présente par actualisation) bien rassurante qui me permet d'envoyer se faire foutre l'être social qui agace le moi désengagé (pour ne pas dire égocentrique (mais c'est un peu la même chose (qu'on y réfléchisse ou non (j'ai cessé de penser depuis que j'ai cessé d'écrire (ici ne se pose qu'un énumération superficielle comme embryon d'idée [mort né])))).

Il y a fort à parier que tu te questionnes plus que moi. Je t'entends, je perçois. Pourtant, le chemin est condamné, sans quoi c'est toi que je condamne à l'issue [de (va savoir (on y met bien ce que l'on veut))]. A vrai dire, je ne sais pas si tu y penses encore.

Dimanche 1er mars 2015 à 17:12

Des premiers mots que je prononce il n'est rien d'entendable (#)
[je ne me corrige plus beaucoup
le langage est devenu une parade au fil des mois
aujourd'hui je ne suis qu'un silence au milieu des discours]

***

Alors que viens-tu dire?
Si tu savais, je n'en sais rien. C'est à peine si je lis encore, si j'écoute. C'est comme une disparition filée; depuis que j'ai cessé d'écrire j'ai joué les décédées.
Les liens se sont rompus. Il y a dérive je ne sais où, je doute de l'espace temps, si l'errance était d'hier ou si elle appartient au présent [en construction]; ma grande (t)erreur est d'ignorer toujours et d'être exempte d'émotions pour tous les jours passés, toutes les heures pensées (par toi pansées, aussi, comment ne pas y référer [je doute de la syntaxe (et de tout, c'est bien simple)]).

Tout a changé et tout est similaire. Il y a continuité dans ma tête comme dans ma vie, il faut dire qu'en moi rien ne s'est brisé, je vis seule des relations qui n'existent plus sans qu'elles me manquent puisque le ressenti est mort depuis longtemps [scepticisme]. Je doute avoir eu d'autres états d'égo que celui d'adulte écrasé par l'entité du "il faut", alors je ne me réfère qu'à une raison filtrée, celle qui s'invente une existence neuve pour se fuir ou dominer. Pour le moment, cela ne me mène pas plus loin que les projets des années closes; et pourtant, j'agis autrement depuis tant de semaines que j'en viens à me demander si je ne ferme pas trop souvent les yeux sur mes enterrements par désir d'évitement.

J'écris timidement car l'exercice m'est désormais difficile, voire désagréable. Il me rappelle de longs échanges épistolaires et les marques d'une adolescence ridiculement prolongée. Je suis fragilisée d'un vécu que je regrette inutilement [le regret est une souffrance non dépassée, tu as donc été bien hypocrite dans tes précédents propos (tais-toi donc)], mais j'en ressens encore une passion douloureuse, une colère par désespoir, abandon et sentiment d'indifférence. Je n'aurais jamais dû m'engager, j'aurais dû démissionner, j'aurais dû rester fière et me barrer sans bruit, c'est dit mais c'est fait, rien à corriger désormais; il ne me reste que la rage accumulée contre moi-même et contre le destin qui a bon dos. Mais c'est ainsi, cela passera, et il arrivera un jour où je me surprendrai à n'avoir pensé à cela un soir de semaine où je le savais seul, mais pour le moment je m'y refuse inconsciemment avec toute la beauté et la douleur d'une enfant qui s'accroche.


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