Dimanche 4 octobre 2015 à 16:49

a. la parole - l'étreinte - la vie - la légèreté des remous que le contrôle dessine en ondes pures - seules manifestations que la tendresse expose

b. j'ai froid au monde, j'ai froid en dedans, j'ai froid au coeur du monde / je me glace par contraintes / je ne distingue pas / la résignation comme lueur / passé fondamental / je fossilise l'amour en mille avortements / tu n'as rien à y perdre / la sagesse est ton fardeau / la solitude l'oubli-limites / l'exigence la seule route possible

c. j'énumère à défaut de langue vivante. J'ai la survie dans le discours, du givre au bout des doigts, l'âme noueuse comme une mort subite sans émotion phénix. J'entends au loin quelques notes récurrentes aux allures de réminiscences; je chasse la pensée par gestes parasites, lectures, silences, cris dévoyés en détournements d'urgence pour pallier l'immédiat des défauts de pudeur. Sans ces anesthésies que de douleurs à vivre, et quelle [t]erreur d'écrire.

Jeudi 1er octobre 2015 à 18:24

[...]

Le chemin enchanté des regards
refait le corps admirable, et l'être semblable.
Mais l'automne, mon ami, est mon souci
l'automne, si tu comprends
Douce est l'origine des ailes
mais la solitude, si tu comprends,
l'habitude de l'île
Il y aura bientôt un an d'ici ma solitude.



Jeudi 1er octobre 2015 à 17:38

En aparté

[Chercher la simplicité en toutes circonstances, vouloir faire au mieux, ramer, combattre, ouvrir les yeux puis ne rien voir, croire, savoir, perdre ses idées, perdre la raison / les sentiments / les émotions, se laisser emporter, le cœur au-devant des idées, être partagé en de claires certitudes, se laisser engouffrer, partir encore et revenir, renoncer, admettre que ce à quoi l’on résiste persiste malgré nous comme une obligation à laquelle on ne peut se soustraire sans faire insulte au monde]

Pourtant une remarque subsiste au-delà des immédiatetés qui m’invitent à revivre :
Si l'existence conduit l’être à rester solitaire, celui-ci ne doit-il pas se pencher sérieusement sur le travail qui l’attend en mettant à profit [md.] son isolement (certes intérieur), évitant donc de s’attacher à toute relation qui pourrait nécessiter échange, amour voire, en creux, une attente renouvelée ?


*
*   *


a. C’est une erreur, petite, vois le mal que tu vas faire encore. Je t’en prie, ferme les yeux, ferme ton âme, recouvre cette raison perdue : tu n’as pas ta place dans une vie qui se clôture par certitudes, déni et sacrifice. La logique sacrificielle, tu l’as déjà connue : pourquoi chercher à reproduire un schéma qui t’a déjà brisé entre culpabilité, indifférence et désengagement, alors qu’il t’est possible de changer les données pour vivre d’autres sagesses ? Est-ce une folie, une bêtise, une erreur de jugement ? Penses-tu réellement qu’il t’est possible de poursuivre ainsi sans [te] mentir?

b. Je saurais être calme. A vrai dire, je sais ce qui m’attend, j’arrive à me convaincre, toujours, que je ne suis pas les directives qui sont pourtant les miennes ; alors plus les jours passent plus je me norm[alis]e, moins je pleure, et moins je me fatigue. J’ai le cœur enchaîné, l’esprit à vif, avide de tout, avide de toi : mais je connais tes choix [qui ne sont pas des obstacles puisqu’en toi c’est ta globalité que je veux appréhender et qui plaît tant à mon être qui te découvre] et j’admets désormais autant en théorie qu’en pratique qu’il me faudra renoncer à une dimension de toi que pourtant je désire. J'ai l'habitude des métabolisations de fortune; je resterai donc seule.

Mercredi 30 septembre 2015 à 21:32

[Lire doucement, avec beaucoup de prudence, les paroles de ceux qui savent poser les justes propos lorsque l'impose l'élan des pensées troubles / des claires inspirations]

Je crains toujours de découvrir un mot qui me bouleverserait à travers tes écrits; une seule phrase d'un toi passé m'emplit de feu et d'eau, si bien que je ne sais s'il me faut contempler, pleurer ou aimer. Je retrouve dans tes périples une souffrance connue / une beauté partagée de réalités soeurs, de vies identifiables.
Je suis persuadée de t'avoir reconnu, nous avons déjà parlé : il y a des milliards d'années que l'univers communique au travers des étoiles.

Mercredi 30 septembre 2015 à 20:46

La Mort viendra et elle aura tes yeux, "Habitudes", Cesare Pavese

Sur l'asphalte de l'avenue la lune fait un lac
silencieux et l'ami se souvient d'autrefois.
Une rencontre imprévue suffisait dans le temps
et il n'était plus seul. En regardant la lune,
il respirait la nuit. Plus fraîche cependant l'odeur
de la femme rencontrée, de la brève aventure
au hasard d'escaliers chancelants. Et la chambre tranquille
et la rapide envie d'y vivre pour toujours,
lui remplissaient le coeur. Après quoi, sous la lune,
à grands pas alourdis, il rentrait, satisfait.

Autrefois il était un copain pour lui.
Il s'éveillait le matin et sautait hors du lit
en retrouvant son corps et ses vieilles pensées.
Il aimait bien sortir s'exposant à la pluie
ou au soleil, il jouissait du spectacle des rues
ou de conversations nouées à l'improviste. Il croyait
qu'il saurait commencer chaque matin nouveau
en changeant de métier jusqu'au dernier jour.
Après un dur travail, il s'asseyait et fumait.
Son plaisir le plus fort, c'était de rester seul.

Mon ami a vieilli et voudrait un foyer
auquel être attaché, et sortir la nuit
s'arrêter sur l'avenue pour regarder la lune,
mais trouver en rentrant une femme docile,
une femme tranquille, attendant patiemment.
Mon ami a vieilli et ne se suffit plus.
Les passants, ce sont toujours les mêmes; le soleil
lui aussi et la pluie sont les mêmes; le matin, un désert.
Travailler, ça ne vaut pas la peine. Et sortir voir la lune,
si personne ne l'attend, ça ne vaut pas la peine.



Mercredi 30 septembre 2015 à 17:55

Il est compliqué pour moi d'écrire encore. Les mots se sont perdus tant de fois pour d'autres, j'ai le sentiment qu'ils ont muté peu à peu en faux espoirs autant qu'en fictions, par projections absentes et piètres scenarii.
Depuis des années, je vis dans l'attente d'une lumière que je ne perçois pas. Je traverse les voies en laissant sur le chemin famille, amis, amants. Je n'ai de coeur à rien, j'ai souvent l'esprit lourd, et lorsque je m'accorde un répit, c'est que la fatigue ne me permet plus de poursuivre la lutte. La paix me gagne seulement au coeur de la nature, lorsque la main de l'homme doit se soumettre à elle, avec humilité, dans la reconnaissance d'une beauté que l'on ne maîtrise pas.

La contemplation est une manière de vivre l'amour de façon pleine et entière dans une force qui nourrit l'univers mais ne blesse personne; et si parfois l'émotion s'empare de l'être jusqu'à la douleur, il s'agit moins de chagrin que d'une révélation trop vive pour qu'elle laisse l'âme immobile.

Je ne sais que [te] dire, s'il me faut parler, s'il faut signifier - je me répète encore. Je cherche à vivre ma solitude parmi la foule, mais l'idée de toi est là, en filigrane sans te connaître, puis trop prégnante lorsque tes pensées se livrent aux miennes; si je ne veux pas te fuir c'est que je ressens intimement que j'ai par toi quelque chose à saisir, comme une clé essentielle, une réponse pour suivre et survivre.

En t'écoutant, j'entends comme un écho, un bruissement presque imperceptible qui me fige dans une évidence lourde où la recherche à travers les luttes et ses gouffres devient presque impossible.

Je ne trouve pas les mots car je crains qu'il n'y en ait pas. Je voudrais choisir, avancer, reculer, rire, renoncer, laisser faire le temps et me détacher tout à la fois; faute de trouver une voie/x paisible, je prendrai donc le chemin du recueillement, tentant de ne pas me noyer dans des sentiments que je ne maîtrise pas et qui ne correspondent en rien aux valeurs qui me composent.

[je refuse de poser plus, je crains que les mots ne m'emportent plus loin / si tu savais comme je peine à me laisser vivre, et comme il m'est difficile d'admettre ce qui s'impose en moi bien malgré moi / pourtant au-delà des idées je n'ai qu'un seul élan / esprit fondamental que confond le réel de deux corps en partage]

Mercredi 30 septembre 2015 à 15:16

Pourquoi toujours tant de lourdeurs
je ne demande pas je ne demande rien je suis toujours distante
la vie me tombe dessus lorsque je n'y pense pas

je ne sais ce qui m'enterre, ce qui me pèse
l'émotion me déborde de plus belle, je voudrais m'en départir mais la raison ne m'aide en rien
je perds toute pensée
toute logique ou tout calme
je suis trop fatiguée

je pense à Salomé

alors faut-il donc que je cherche à séduire
prendre le tout venant
juste pour ne pas souffrir juste pour nuancer
par mises au dégoût d'un corps qui se soumet
peut-être faudrait-il peut-être le message est-il là
je ne sais pas

(c'est bien trop ironique pour que ça manque de sens - vous vous moquez de moi - ça ne me surprend plus)

Mardi 29 septembre 2015 à 22:23

Sans hasard
il n'y a qu'une seule route


Comment est-il possible de se reconnecter au monde quand pendant des années on s'est trouvé en exil, je ne sais pas.
La souffrance, la peine, l'incompréhension et au fond, la résignation, celle de se dire que le chemin que l'on traverse est d'une évidence maître, et que l'on se doit de respecter les choix faits par le passé, même s'ils nous font violence lorsque passe le temps.

Revivre à en pleurer comme un enfant qui vient au monde
je me sens brisée
torturée
et cette douleur horrible est un message qui me hurle encore aux batailles annoncées


S'il m'était possible de dire, je ne m'accrocherais pas à la raison comme on s'accroche aux branches pour ne pas dévaler la falaise jusqu'à perdre conscience; mais par respect, il me faut lutter [comme toujours (la boucle ne se brisera lorsque je prendrai la vie par d'autres horizons)], me mettre à distance, rester à propos, déférence personnifiée pour mieux se garder des exaltations qui, l'automne venu, tombent dans l'oubli. Il n'y a rien à regretter, rien à vouloir, mais tout se veut signifiant: si je ne parle pas, les lettres feront sens par mon nom.

[Voilà que revient le média par l'homme
tu demeures in[di]visible]

Mardi 29 septembre 2015 à 21:46

L'envie de te voir / de te revoir
par transitions couplées
je suis en d'autres mondes
Identités factices
où je ne saisis rien Pas le moindre élément
d'une vie découpée en émotions plurielles

j'ai le coeur enchaîné aux traîtres renaissances

Faut-il encore que tu vives
par tristes circonstances
tu ne sais où tu vas et la nuit qui te pare
est un silence obscure de pâle déférence
qui Quoi que tu taises Ne trompe plus personne

des mots que tu prononces il n'est rien d'entendable
tu masques les discours
tu n'es pas véritable
aux sens qui se délitent tu y perds le réel
le paraître s'anime de logiques sans lumières

Etendue Entendue
tu gardes tes yeux clos
tu cherches à ne rien voir


Dimanche 27 septembre 2015 à 21:07

S'en tenir à l'hiver en lieu et place de toute sublimation / Se laisser vivre en perceptions successives / N'ajouter aux discours qu'une brève analyse / Laisser l'émotion se déliter sans admettre qu'elle libère / je me trouve au hasard d'un chemin vers toi / L'âme est en voix(e) d'être sans issue

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