Vendredi 10 avril 2020 à 15:07

 
Retour du noir; l'espace-temps est confondu - ellipse vivante qui dure et s'agite en sourdine dans chaque coeur à l'arrêt.
De ces jours qui me dépassent je ne retire rien. Il y a bien une volonté de meubler, de faire naître une compréhension par l'étude; mais de ce travail il ne ressort rien que ce sentiment de vacuité [toujours le même], où je n'accroche à rien d'autre qu'à la certitude d'être seule, froide, épuisée dans un désert d'âmes mortes - la mienne n'est pas en reste.

Absence présence. Je vais/sens/pense sans sens possible. Pas de chagrin, juste des constats successifs. Les nécessités biologiques sont les seules à écrire d'instinct leur manifeste quotidien; mais hormis l'activité surinvestie du système végétatif il faut bien admettre que le reste est à la désertion.

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Une belle illusion, une seule; dans mes rêves je crois avec ferveur au salut venu de nulle part. Il ne vient rien, évidemment. Dans cette détresse je pourrais désespérer, mais non, seule r[ai]sonne la neutralité avec laquelle j'échange quelques répliques muettes.
Il y a [un temps oublié] tu étais à mes côtés. Aujourd'hui tu es auprès des tiens et je bataille seule. La souffrance est duelle et unie tout à la fois, en moi, sur tous les territoires; je ne recherche aucune issue; pas de réponse dans cet écho qui appelle; j'ai abandonné.

Ce qui me manque aujourd'hui pour avoir ou une crédibilité, ou du volume sonore, c'est la jeunesse. La jeunesse entraîne sollicitude ou connivence à vingt ans; à trente, elle se mue en pitié dont on ne tire au mieux que quelques conclusions condescendantes.
 
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p. 454 - H.M

La première fois qu'on offre sa santé, sa force, son âme ignorante à l'amour où à l'éther, quelle résonance profonde, mystérieuse! Cela seul compte, cette rencontre...
Quand un être faible succombe, qui s'en aperçoit? Mais quand un être fort succombe, le spectacle est inouï.

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Avec de la fumée, avec la dilution du brouillard
Et du son de peau de tambour
Je vous assoirai des forteresses faites exclusivement de remous et de secousses,
contre lesquelles votre ordre multimillénaire et votre géométrie
Tomberont en fadaises et galimatias et poussières de sable sans raison.

Glas! Glas! Glas sur vous tous, néant sur les vivants!
Oui, je crois en Dieu! Certes, il n'en sait rien!
Foi, semelle inusable pour qui n'avance pas.
Ô monde, monde étranglé, ventre froid!
Même pas symbole, mais néant, je contre, je contre,
Je contre et je te gave de chiens crevés.
En tonnes vous m'entendez, en tonnes, je vous arracherai ce que vous m'avez refusé en grammes.

Le venin du serpent est son fidèle compagnon,
Fidèle et il l'estime à sa juste valeur.
Frères, mes frères damnés, suivez-moi avec confiance.
Les dents du loup ne lâchent pas le loup.
C'est la chair du mouton qui lâche.

Dans le noir nous verrons clair, mes frères.
Dans le labyrinthe nous trouverons la voie droite.
Carcasse, où est ta place ici, gêneuse, pisseuse, pot cassé?
Poulie gémissante, comme tu vas sentir les cordages tendus des quatre mondes!

Comme je vais t'écarteler!

Lundi 6 avril 2020 à 9:36

Je prends la même place que les élèves au milieu de la cour; pas n'importe lesquels, mes petits troisièmes, les ambianceurs du commun, ceux qui restent devant mon bureau pour épier ce qu'il s'y passe. Je me sens en hasard ici, perdue, à ma place.

L'accès à l'Etre au premier degré passe par l'avoir (possession matérielle, laquelle se décline également en aspect social); suis-je capable de dépasser les notions identitaires plates comme vaches maigres, j'en doute. Le détachement de toute forme d'entrave - libératrice, au moins d'apparence, car sécuritaire - est un travail qui nécessite un deuil de l'ego; et nécessité est donc de quitter l'orgueil qui s'y rattache, dans ses formes apologétiques comme condamnatoires.

La vie dans l'avoir, triade basse (au sens de degré toujours) revient à la survie d'un jour le jour duquel il ne subsiste par grand chose (mais faut-il qu'il y ait subsistance, après tout, rien n'est moins sûr). Privilégier l'être plein, sa recherche en l'autre, sans confusion d'appartenance / possession / accumulation d'agir(s) paraît plus juste. C'est ce vers quoi il me faut tendre [quelle ambition]. Si je n'ai aucun but, c'est qu'il ne correspond à rien de connu. Errance permanente, enivrante, sensation d'exil quelle que soit la terre sous laquelle étouffent mes racines qui ne butent que sur la roche; à l'Est, centre Europe, j'entends un appel. Il est inexplicable. Il se retrouve dans l'histoire yougoslave, les récurrences de Cioran et le cynisme relativiste - pluriel - de Kundera. Le yiddish m'interpelle, les tons de klezmer que je perçois dans certaines musiques occidentales sont comme des clefs que je ne parviens pas à isoler; des étoiles intimes dans la musique juive font lumière sur le réel qu'en un fragment de temps j'accepte. Il s'agit d'ailleurs plus d'un accès que d'une acceptation; peut-être une voie d'emprunt m'attend-elle sur ces terres codifiées dont j'ignore tout.


[En vrac
Non manifesté/ ciel antérieur
Abel/Esaü première partie
Salomon Boaz Yakhin]

(QTL, morphème grammatical hébreu, signifie "tuer"; symboliquement dans l'usage codifié du langage, c'est un problème)

Vendredi 14 avril 2017 à 11:05

C'est exactement ce que je lui ai répondu: je l'ignore.

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Cette tendance à chercher le sens des pensées, actes, divisions de nos choix qui s'accomplissent par (de vers) soi/nous - récurrence, silence, fatigue.


On s'inquiète des démultiplications, des engrenages et des dévorations. On court pour [   ], errance factuelle, posée, ou l'étant cru paraître a été substitué à une vacuité factice, superficielle et trop usée pour être contondante. On se blesse, gras de vivant, avec un couteau à beurre de quotidien gâché. 
Je ne sais pas où cela nous mène, ce que j'ai à en dire qui n'ait pas été encore posé, bellement ou non; si beauté il y a, le réflexe s'inscrirait entre contemplation ou dépassement, mais l'idée demeurerait, au fond, un mauvais recyclage sous des atours [dits] personnels, mais guère plus nobles, pour peu que l'essai soit pour l'auteur/lecteur chose concluante. Une entreprise productive pourrait-on se risquer à écrire [mettez-y la ponctuation d'énonciation qu'il vous plaira], puisque nous sommes dans ce schème-là, même dans les sphères qui cherchent encore à cultiver un peu l'humain (au-delà de l'outillage commercial qu'il présente).

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"Un événement dans la vie c'est une maison avec trois portes séparées - mourir, aimer, naître. On ne peut y entrer qu'en franchissant les trois portes simultanément, dans le même temps. C'est impossible et cela arrive."

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Il y a des années que je n'écris plus réellement. Si je pense beaucoup, il faut croire que je n'ai rien à poser; je mêle les mots et les débats en interne, sans leur ouvrir la porte, ils viennent, luttent, déplorent, pleurent, se fossilisent dans les nervures de mes analyses si bien que je finis par oublier leur histoire ainsi que leur provenance. Je crois juste savoir qu'ils proviennent d'une forme de violence observée ou vécue.
J'ai souvent eu le présentiment que mon écriture était le fruit pourri d'une souffrance ingérable dans l'espace silencieux de ma propre mémoire et qu'au-delà d'elle, je n'étais qu'un champ stérile d'une banalité terrifiante. [   ] 

Jeudi 26 janvier 2017 à 20:45

Dans ce silence où l'amer dure des jours
[en creux de sourds silences]
je suis en perdition Il me faudrait couler
il y a quelques années de faux souvenirs enfouis
me menaient par artères en discours figés
Aujourd'hui rien de tel
pas de mots pour conclure
[cette vie en vide ordures]
Mes actions sont ciblées pour ne pas signifier
[images apatrides / dérivés / diluées]

il y a un monde Un gouffre entre les nuits
sans pensée où le temps est sans respiration
[mort par nécessité]
laquelle m'emprisonne de logiques en devoirs
où les valeurs commises me sont indéfendables

[mirages]


Mercredi 11 novembre 2015 à 20:28

Et comment veux-tu que je ne me mette pas en colère, comment veux-tu que je ne craigne rien, comment veux-tu que je vive avec distance une vie qui n'est pas la mienne, cela m'est impossible, je resterai patiente, je voudrais bien partir mais je n'ai plus le temps de faire mes valises, est-ce que tu sais seulement ce qui peut bien me transporter jusqu'à l'emportement, non, c'est toujours la même chose, il y a tes enfants qui te rappellent et ta maison en bord de Seine, et tout ce qui s'en suit ne me dit rien qui vaille vois-tu, au bout de dix ans passés/perdus à me laisser brinquebaler de cinq à sept je suis arrivée à bout de moi, tu n'y peux rien, je n'ai pas le courage, pas la force, laisse-moi, laisse-moi.

Tu n'imagines pas à quel point j'ai l'envie de donner un coup de pied dans les feuilles mortes qui s'accumulent sur ma vie. Je commence à croire que le problème vient de moi, il me faudrait être bien plus violente, déterminée, facile et malsaine. Alors quoi, est-ce que c'est ça, les relations humaines? Merde.

Mercredi 11 novembre 2015 à 19:52

Comme un temps 2012
Pré, post, je ne sais guère trop
C'est un temps de souvenirs où je ne saisis pas grand chose
Depuis quelques mois les souvenirs se fossilisent si bien que je ne suis plus en mesure de distinguer ce qui a été vécu de ce qui a été rêvé.

Le quotidien file, défile, nous sommes déjà en période critique, installée, où tous les éléments des vies partagées par obligation semblent acquis. Au-delà du besoin de comprendre l'autre pour servir un climat de travail nécessaire à la construction du couple cohérence/efficience, les amitiés se lient avec les risques que cela comporte - déception, colère, misère. Mon rôle m'invite à demeurer solitaire, mais le désir d'échange auprès de belles âmes me transporte: ne pas y répondre me pèse et finirait, je crois, par m'écraser tout à fait. Je plie, je cède, n'est-ce pas une erreur [mais qu'est-ce qui ne fait pas erreur ou n'est pas source de risques, ne cesse pas de vivre, prudence, avance].

Vodka glacée, souvenir de fenêtre ouverte sur la nuit, une cigarette mal fumée, mémoire qui traîne à deux heures du matin. Pendant que la raison dort en collectif dans des draps chauds, je me complais dans une schizophrénie facile où je suis pleinement [autre que] moi-même.

Je ne projette rien, j'attends, j'opère. Ma vie passée décortique par fausses analyses qui se croient solides les errements et les choix de ceux qui se présentent devant moi sans le savoir. Tout est enchaînement, de bout d'idées en corps épars, rien à voir, rien à dire. Pendant que ceux-là parlent, je pense aux sacs à viande. Je ne me fais pas d'autre effet que celui d'une âme à vide, avide, perdue, laissée au silence de ta bouche qui parle pour une autre.

Tu sais, parfois je me dis que je ne dois aller nulle part. A Orléans, rien à voir, et à Tarbes à quoi bon puisque je ne connais que toi, alors dois-je me laisser aller à une folie alors que j'ai Paris au bout des doigts, je l'ignore, je ne choisis pas ou plutôt, je choisis de ne pas choisir, standby.



Mercredi 28 octobre 2015 à 16:46

Puisqu'il me faut user de prudence, j'effectuerai ma vie à pas de chat, sans un bruit.
La parole - rien, silence. Il y a bien des mois que les sons se mêlent de jour comme de nuit, et que la pensée devient chose impossible dans ce bourdonnement sourd qu'imposent les présences nécessaires.
Etre social - finitude, retrait. Trop d'erreurs de jugement, trop de facilités et si peu, si peu de contrôle que tu en es venue à te perdre dans la foule, en toi-même; te voilà égarée, étrangère individuelle, mensonge par paraître - fusion collective.

Que reste-t-il de l'hier, sans doute rien - le souvenir, peut-être - mais je ne garde que le pire comme mise en garde pour l'absolu. La traversée du désert est une poursuite, ne sors pas du chemin, reste tranquille, ne cherche pas l'exaltation à travers le partage. De ce qui t'attend il n'existe rien qui ne passe sous la torture d'une raison qui ne peut que museler l'innocence d'élans aux souffrance inutiles.
L'anesthésie reste la même.
La volonté de connaissance par les gouffres aussi, une récurrence par violence, par défi. Les valeurs sont solides; rien n'est plus tentant que de les mettre à mal pour enfin s'autoriser l'oubli, être d'autres vies l'espace de quelques folies d'aisance collective, mais tu n'en crois rien, tu mens; tu demeures incapable d'être autre que toi-même, éperdument fidèle à ces mondes avec lesquels tu ne fais qu'un.

Te tromper, user de prostitutions admises, l'entreprise me serait facile, et pourtant je ne le désire pas car je sais qu'au-delà de la honte et du chagrin ne naîtra que l'envie de me foutre en l'air. L'être par la souffrance et la colère où l'agir n'est une insulte à la beauté du monde est un suicide en soi, alors je préfère braver la tempête en toute patience, quoi qu'il advienne.

Si tu savais comme tu me manques, et comme je me sens loin de toi depuis que je fais silence.

[...]

Mercredi 21 octobre 2015 à 19:37

La densité des possibles avortés me pèse, je me sens écrasée par moi-même, et toute cette pesanteur dont je cherche à m’extraire ne me permet pas, au temps présent, de gagner en sérénité.
Montagnes russes – de nouveau cap au pire – j’espère avec colère contre cette irréalité dans laquelle bêtement je me laisse enliser, doucement, sans lutte, comme une récompense lâche pour avoir vécu jusque là ; mais je mens, je me complais et je ne fais qu’attester mon incapacité globale à la distanciation sentimentale, cela finira [mal ou autre], n’en doute pas ; évite cette nouvelle saignée jusqu’à l’évanouissement.

La solidité, le pardon, le courage comme l’amour sont des témoins indéfectibles d’une volonté de vivre après ma mort consommée depuis mes 23 ans passés ; j’intime à cette enfant qui tremble qu’elle n’a rien à craindre, et que ses angoisses se dilueront dans le temps quotidien où l’absence d’un Toi marqué me laissera hors d’usage. Je me convaincs, non sans amertume, qu’il y a méprise entre ton regard et cet objet d’un moi que tu considères avec tant de tendresse ; entre ce toi et moi il y a une vitre, la teinte opaque d’une brume impénétrable, et sans doute n’est-ce que l’avatar de ton rêve qu’il t’est donné de voir. Le jour viendra et il aura tes yeux qui s’ouvriront sur le monde au plus loin du mien. Cette fatalité – que j’attends, que j’accepte – me lacère en lambeaux de joies condamnées à n’être que des espoirs trahis.

La douleur m’emporte ce soir, j’ai la fatigue en bord de plume, sans mot, sans rive. Je sais qu’elle se heurtera aux rochers d’un silence glacial, prévu, père de toute attente, garant de toute sécurité pour vie en marge. Je ne demande aucun appel, aucun regard ; de ma plainte aucun propos crédible, elle sera emportée par le sommeil, comme la lumière mourante finit par s’en remettre à la nuit.

Mercredi 7 octobre 2015 à 17:16

"Je n'ai jamais pu supporter la moindre critique te concernant. Que l'on prononce sur toi la moindre parole blessante, la plus légère réserve, je l'entends, je n'oublie pas, je garde. Je ne m'en sers pas mais c'est là, comme un abîme entre moi et ceux qui, un jour, ne serait-ce qu'une fois, auront émis un doute sur toi. C'est ma façon d'aimer. C'est la seule que je connaisse. Ce n'est pas que tu sois parfaite. Ce n'est pas non plus que tu sois une sainte. Même les saintes, surtout elles, quand on entend ce qu'elles disent, et elles le disent clairement, même les saintes se jugent, et à juste titre, les dernières des dernières, et cela en raison d'une loi spirituelle élémentaire: plus on s'approche de la lumière, plus on se connaît plein d'ombres. Il n'y a pas de saintes, même les saintes le disent. Il y a du noir et il y a parfois une fée qui invente une source dans le noir. Moitié source, moitié fée: de toi il ne m'est jamais venu que du bien. Ou plus précisément, plus merveilleusement: même quand de toi il me venait du mal, ce mal tournait immédiatement en bien. Tu m'as fait connaître, pourquoi le taire, le grand délire de la jalousie. Rien ne ressemble plus à l'amour et rien ne lui est plus contraire. Violemment contraire. Le jaloux croit témoigner, par ses larmes et ses cris, de la grandeur de son amour. Il ne fait qu'exprimer cette préférence archaïque que chacun a pour soi-même. Dans la jalousie, il n'y a pas trois personnes, il n'y en a même pas deux, il n'y en a soudain plus qu'une en proie au bourdonnement de sa folie: je t'aime donc tu me dois tout. Je t'aime donc je suis dépendant de toi, donc tu es lié par cette dépendance, tu es dépendante de ma dépendance et tu dois me combler en tout, et puisque tu ne me combles pas en tout, c'est que tu ne me combles en rien, et je t'en veux pour tout et pour rien, parce que je suis dépendant de toi et que je voudrais ne plus l'être, et parce que je voudrais que tu répondes à cette dépendance, etc. Le discours de la jalousie est intarissable. Il se nourrit de lui-même et n'appelle aucune réponse, d'ailleurs il n'en supporte aucune - toupie, spirale, enfer. J'ai connu ce sentiment quinze jours, mais une heure aurait suffi pour le connaître tout. Au quinzième jour l'enfer était passé, définitivement. Pendant ces quinze jours je piétinais dans la mauvaise éternité des plaintes: j'avais l'impression que tu épousais le monde entier - sauf moi. C'est le petit enfant en moi qui trépignait et faisait valoir sa douleur comme monnaie d'échange. Et puis j'ai vu que tu n'écoutais pas ce genre de choses et j'ai compris que tu avais raison, profondément raison de n'en rien entendre: le discours de la plainte est inaudible. Aucune trace d'amour là-dedans. Juste un bruit, un ressassement furieux: moi, moi, moi. Et encore moi. Au bout de quinze jours, un voile s'est déchiré en une seconde. Je pourrais presque parler de révélation. D'ailleurs c'en est une. Tout d'un coup ça m'était égal que tu épouses le monde entier. Ce jour-là j'ai perdu une chose et j'en ai gagné une autre. Je sais très bien ce que j'ai perdu. Ce que j'ai gagné, je ne sais comment le nommer. Je sais seulement que c'est inépuisable.

L'enfant furieux a mis quinze jours pour mourir. C'est peu de temps, je le vois bien: chez d'autres il règne infatigable, tout au long de la vie. C'est ton rire devant mes plaintes qui a précipité les choses. C'est le génie de ton rire qui s'est enfoncé droit au coeur de l'enfant roi, c'est ta liberté pure qui m'a soudain ouvert tous les chemins.

Après la mort de l'enfant roi, et seulement après cette mort, l'enfance pouvait venir - une enfance comme un amour nomade, rieur, insoucieux des titres et des appartenances."

Dimanche 4 octobre 2015 à 17:14

Avec tout le respect que je me dois, et la solitude qui sans cesse me ramène à un monde dont le sens m'échappe, il faut reconnaître qu'une incertitude demeure.
          Je suis ici
                            ailleurs
                                          cordées perdues
          sans attache ni décision
          Vie cachée en deçà des idées
          mise en avant tête en arrière
          le coeur derrière l'intérêt


Du temps est passé, mais mon âme est figée en résignation de raison [ma montre s'est arrêtée]
       
          L'attente est pourtant plus précise
          à mesure que passent les années
          je suis si fatiguée par la mise en veille où le sublime sommeille


S'il me fallait en toute vérité mettre les mots sur ce qui travaille en maître, il me faudrait avouer que mon existence s'étiole en un calme vide d'efforts disparus.
L'être [qui se résigne et qui dure] est aux portes du suicide - le vivant sans perception se débat avec tant d'acharnement qu'il est difficile de ne pas entrevoir les pires désolations; les matérialités sont un acide qui brûlent tout sur le passage des contemplations libres et de leurs tentatives.

          [Accouplé à la peur
           comme le cri au crime
           et le cri à la rime]


          Tu gardes le silence
          il n'admettra personne.

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